Par le Père Reneidi Kayembe, Kinshasa, 5 mai 2026
Quatre ans après son décès, je souhaite aujourd’hui me souvenir du fondateur, notre cher Père Fosbery.
Dans ses homélies, le Père Fosbery répétait souvent : « Je veux voir saint Thomas. » Cette affirmation, plus qu’un simple fanatisme, témoigne d’une profonde aspiration à la vie éternelle, à la rencontre définitive avec celui qu’on a aimé, et à la vision béatifique.

Ce prêtre était un homme de foi. Sa vie se résume à une foi profonde, un abandon total à la volonté de Dieu, une obéissance radicale à la voix du Christ. On le comprenait en le voyant prier. Sa prière était son espace personnel ; c’était son lieu de force et de repos où son âme renaissait et rencontrait Jésus.

Fosbery était véritablement un père. En lui, ce mot prenait chair. C’était un père attentif et joyeux, toujours aux petits soins pour les autres et prêt à rendre service. Il remarquait immédiatement la tristesse de ceux qui faisaient semblant d’aller bien ; il sentait quand quelqu’un se laissait absorber par ses soucis et se croyait inoffensif. Il était familier à tous. Chacun comptait pour lui, et tous étaient ses enfants. À tel point qu’il décida même de se rendre à Kinshasa pour voir ses autres enfants du continent africain, ceux à la peau noire et aux cheveux crépus.

Ce voyage a été une expérience marquante pour nous et pour les miliciens qui avaient tant entendu parler de lui, qui l’avaient vu en vidéo, qui avaient lu ses messages, mais qui, à présent, l’avaient en face d’eux. La présence du prêtre ici, à Kinshasa, a confirmé notre attachement au charisme de Fasta. Le prêtre est venu nous montrer que ce que nous faisions n’était pas qu’une simple idée, mais une manière différente (plus vivante), un autre style, de vivre et d’expérimenter le charisme unique de Fasta, don du Saint-Esprit. Sa présence nous faisait voir et ressentir que nous appartenions à quelque chose de plus grand, à une immense communauté ; que nous aussi, nous faisions partie de la Cité de la Milice.

Tous ceux qui l’ont vu ou salué ont compris qu’ils étaient en présence de leur père ; en présence d’un homme qui les aimait profondément.
Aujourd’hui, nous nous souvenons de lui avec une grande affection et un amour immense, et nous rendons grâce à Dieu pour sa vie. Merci pour son témoignage de foi et de charité ; merci pour ses paroles, toujours justes et réconfortantes ; merci pour son immense joie, qu’il a su transmettre et partager même au cœur de la douleur et de la souffrance ; merci pour son rire, qui témoignait de cet enfant intérieur qui n’a jamais cessé de rêver d’un monde meilleur, d’une Église plus belle et d’une Cité de la Milice ouverte à tous.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous aussi, le cœur lourd de l’absence et de la séparation, mais l’âme pleine de confiance et d’espérance, nous unissons à sa prière et répétons avec ferveur, foi et une grande espérance : « Je veux revoir saint Thomas. »





